Le Haut-Karabagh veut assumer son propre destin

La délégation française reçue par Achod Ghoulian, Président de l'Assemblée national
La délégation française reçue par Achod Ghoulian, Président de l’Assemblée nationale

Du 7 au 12 septembre, une délégation de parlementaires français s’est rendue au Haut-Karabagh, un territoire autodéterminé du Caucase du Sud majoritairement peuplé d’Arméniens. Le sénateur Alain Néri (PS) et l’ex-député Jacques Remiller (UMP), membres du Cercle d’Amitié France-Karabagh, livrent leurs impressions à l’issue de ce voyage d’études.

JOL Press : Pouvez-vous préciser dans quel cadre s’inscrivait ce déplacement au Haut-Karabagh ?

Alain Néri : Comme vous le savez, la République autodéterminée du Haut-Karabagh n’est pas encore reconnue par la communauté internationale. La délégation que je présidais s’est donc rendue à titre privé au Haut-Karabagh pour se rendre compte par elle-même de la réalité institutionnelle et sociale du pays et pour tenter de dégager des pistes qui puissent contribuer à normaliser la situation. Pour trois d’entre nous, ce voyage constituait une première et nous permet de témoigner du vécu concret d’une population, au-delà des postures et des discours des chancelleries souvent loin du terrain.

Jacques Remiller : Absolument ! Notre déplacement relève de la diplomatie parlementaire et s’inscrit dans ce que les experts appellent des mesures d’instauration de la confiance. C’est en quelque sorte un accompagnement ou une substitution par la société civile de la diplomatie officielle des Etats et des gouvernements. En ce qui me concerne, il s’agissait de mon cinquième déplacement au Haut-Karabagh et je peux témoigner des changements observés.

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Il faut en finir avec le régime d’Ilham Aliev en Azerbaïdjan

Tribune cosignée par Arlette Grosskost (UMP), François Pupponi (PS) et François Rochebloine (UDI), tous trois membres du Cercle d’Amitié et publiée par le Monde le 2 septembre 2014.

Karen Petrosyan
Karen Petrosyan

La décapitation par l’Etat islamique du journaliste américain James Foley a déclenché à juste titre une réprobation internationale. La plupart des grands médias ainsi que les principaux réseaux sociaux ont immédiatement indiqué qu’ils censureraient les images de l’exécution, au nom de la dignité du journaliste assassiné et afin de ne pas faire de « publicité » à l’organisation criminelle qu’est l’Etat islamique.

Quelques jours auparavant, une exécution somme toute similaire s’est déroulée. Elle a également été dûment filmée par les nervis du régime au nom duquel elle a été perpétrée. Elle est visible sur les réseaux sociaux. La victime était également un civil et ses bourreaux n’avaient même pas l’excuse de pouvoir le considérer comme un propagandiste ennemi. Il est vrai que – avant de le mettre à mort – ils ont pris soin d’affubler leur prisonnier – capturé en jean et en baskets – d’un treillis militaire afin de le présenter comme un agent des forces spéciales adverses. Continuer la lecture de « Il faut en finir avec le régime d’Ilham Aliev en Azerbaïdjan »

Azerbaïdjan: quand la chasse aux démocrates s’aggrave, la paix s’éloigne

Article publié dans le Huffington Post le 6 mai 2014

Jean-Luc Bennahmias
Jean-Luc Bennahmias

Ce 28 avril, Leyla Yunus, la célèbre militante azerbaïdjanaise des Droits de l’Homme, décorée en 2013 de la Légion d’Honneur, a été violemment empêchée de prendre l’avion pour Paris alors qu’elle s’apprêtait à embarquer à Bakou. Elle et son mari se rendaient à une conférence organisée par la Commission européenne à Bruxelles. Ils venaient d’obtenir un visa pour la France et étaient escortés par le secrétaire de l’ambassade de France et le Chargé d’Affaires de l’Ambassade des Etats-Unis en Azerbaïdjan. Sans qu’ils sachent ce qui leur était reproché, sans même qu’ils aient pu voir un mandat, les Yunus ont été reconduit à leur appartement où ils ont été sommé de présenter des « preuves ».

Refusant l’accès arbitraire et illégal à son appartement, Leyla Yunus s’est vu interdire l’accès à des toilettes fermées et elle a été contrainte de satisfaire ses besoins naturels sous la surveillance visuelle d’un policier de sexe masculin. Les conditions de stress et de violence ont été telles qu’Arif, son mari qui se remettait à peine d’une attaque cérébrale, a dû être à nouveau hospitalisé en urgence au grand dam des enquêteurs qui hurlaient au « simulacre ». Continuer la lecture de « Azerbaïdjan: quand la chasse aux démocrates s’aggrave, la paix s’éloigne »

Haut-Karabagh: Un Cercle d’Amitié pour rompre l’isolement

De g. à d. F. Rochebloine, R. Rouquet et G. Teissier
De g. à d. F. Rochebloine, R. Rouquet et G. Teissier

Le 19 mars 2013, des parlementaires français ont pris l’initiative de créer un Cercle d’Amitié France-Karabagh. A l’occasion du vingtième anniversaire du cessez-le-feu, France-Arménie est allé à la rencontre de cette nouvelle structure pour l’interroger sur ses objectifs et ses moyens. Entretien avec François Rochebloine, René Rouquet et Guy Teissier, membres fondateurs du Cercle.

Interview parue dans France-Arménie n°408 – mai 2014

France-Arménie : Pouvez-nous nous décrire en quelques mots le Cercle et sa genèse ?

François Rochebloine : L’idée du Cercle est partie d’un constat : de nombreux élus français – toutes tendances politiques confondues – ont soutenu et continuent de soutenir les aspirations du peuple karabaghiote à la sécurité et à l’autodétermination mais ils agissaient jusqu’à présent de manière relativement isolée les uns des autres. De plus, les discussions que nous avons pu avoir nous ont permis de mesurer à quel point la réalité de la situation du Haut-Karabagh était méconnue, on peut même dire souvent ignorée. Continuer la lecture de « Haut-Karabagh: Un Cercle d’Amitié pour rompre l’isolement »

Soutenir la République du Haut-Karabakh, c’est parachever la paix dans le Caucase du Sud

Article publié dans Le Monde, le 24 février 2014

Le 12 mai 1994, il y a bientôt vingt ans, un cessez-le-feu mettait enfin le terme au long et violent conflit du Haut-Karabakh. De cette véritable guerre de décolonisation naquit la République du Haut-Karabakh, un nouvel Etat situé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, sur une terre arménienne aux confins des aires culturelles russe, turque et persane.

Vingt ans, c’est une génération. Une génération de jeunes Azerbaïdjanais et de jeunes Karabaghiotes qui n’aurait dû connaître que la paix, qui aurait dû voir reconnu son droit inaliénable à la sécurité et à la vie. Mais force est de constater que, si la guerre est terminée, la paix reste à gagner : en l’absence de traité de reconnaissance mutuelle, faute même d’un simple dialogue direct entre les parties, le cessez-le-feu reste plus que précaire. Dès lors l’Azerbaïdjan comme le Haut-Karabakh sont privés de toute perspective de développement normal et pacifié. Continuer la lecture de « Soutenir la République du Haut-Karabakh, c’est parachever la paix dans le Caucase du Sud »