Le Cercle d’Amitié France-Artsakh exhorte le gouvernement à ne pas s’opposer aux maires français pour complaire à l’Azerbaïdjan
Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise
Le gouvernement a récemment entrepris d’attaquer en justice spécifiquement les maires français ayant signé des chartes d’amitié avec leurs homologues des municipalités du Haut-Karabagh (ou Artsakh). Regrettant que ces actions n’entraînent l’isolement des citoyens karabaghiotes, le Cercle d’amitié France-Artsakh demande à ce que le gouvernement fasse démonstration d’impartialité et ne cède pas aux pressions de la diplomatie azerbaïdjanaise.
A la demande du ministère de l’Intérieur, les tribunaux administratifs ont été saisis par le préfet de la Drôme pour les villes de Valence, de Bourg-lès-Valence et de Bourg-de-Péage et par le préfet du Val-d’Oise pour Arnouville. L’exécutif considère que ces chartes violeraient les dispositions réglementaires en matière de coopération décentralisée, la France ne reconnaissant pas la République du Haut-Karabagh.
Le joueur Henrikh Mkhitaryan ostracisé par le régime de Bakou en raison de ses origines arméniennes
Dans une tribune publiée par le journal le Monde ce vendredi 24 mai, François Pupponi, Vice-président du Cercle d’Amitié France-Artsakh est revenu avec force et conviction sur le scandale de l’éviction par l’Azerbaïdjan du joueur arménien Henrikh Mkhitaryan de la finale de la ligue Europa. Il milite pour un football inclusif à l’image de celui qui se pratiquera lors de la coupe d’Europe de la CONIFA, du 1er au 9 juin en Artsakh.
A l’instar de tous les phénomènes de masse, le football dépasse de loin le monde duquel il ressortit – en l’occurrence celui du sport – pour se révéler de conséquence sur les affaires financières et commerciales souvent ; et politique parfois. En la matière, le Caucase semble être une terre d’élection sur laquelle se produisent de bien curieuses coïncidences de calendrier.
Certains se rappellent peut-être la fameuse « diplomatie du football » qui avait un temps suscité des espoirs de rapprochement entre l’Arménie et la Turquie. En septembre 2008, Abdullah Gül alors le président de Turquie [de 2007 à 2014], avait fait le déplacement d’Erevan à l’invitation des autorités arméniennes pour assister à un match Arménie-Turquie – valant pour la qualification à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. L’évènement constitua en fait un espoir sans lendemain puisque dix ans après une tentative de normalisation avortée, Ankara maintient sa frontière fermée avec l’Arménie et n’a toujours pas reconnu le génocide des Arméniens désormais vieux de plus de cent ans.
Mais c’est aujourd’hui du côté de l’Azerbaïdjan que tous les regards se tournent et en direction duquel de nombreuses critiques fusent. Bakou accueillera en effet la finale de Ligue Europa qui mettra aux prises deux clubs anglais, Chelsea et Arsenal. Certaines de ces critiques sont peu justifiées comme celles relatives à l’éloignement de la capitale azerbaïdjanaise. Certes, l’Azerbaïdjan est bien plus en Asie centrale qu’en Europe mais comment ne pas admettre ce pays dans l’Union européenne de football (UEFA) dès lors qu’on y a admis la Russie s’étendant jusqu’à Vladivostok, ou Israël au Proche-Orient ?
La paix constitue le principal dividende du vingt-cinquième anniversaire du
cessez-le-feu entre l’Arménie, l’Azerbaïdjan et l’Artsakh.
25 ans d’indépendance, 25 ans de liberté
Le Cercle d’Amitié France-Artsakh salue l’état de
cessez-le-feu qui règne depuis plus d’un quart de siècle au Caucase du Sud et
appelle à un traité de paix tripartite qui lui conférerait un statut définitif.
Le 12 mai 1994, les forces armées de l’Arménie, de
l’Azerbaïdjan et de la République d’Artsakh concluaient un cessez-le-feu après
quatre ans de conflit ayant coûté la vie à près de 30 000 personnes
de 1991 à 1994. La paix qui règne dans la région – bien que précaire –
constitue le principal acquis de cet armistice.
Un exemple à suivre selon le Cercle d’Amitié France-Artsakh
Le Colorado est le 9ème Etat américain à reconnaitre la République d’Artsakh
Le 24 avril dernier, le Sénat du Colorado a voté à l’unanimité une résolution portant sur la reconnaissance du Génocide des Arméniens par la Turquie et reconnaissant au passage la République d’Artsakh. Le Colorado devient par là-même le neuvième Etat des Etats-Unis reconnaissant ainsi la République d’Artsakh.
« Nous félicitons chaleureusement les sénateurs démocrate Dominick Moreno et républicain Jack Tate qui ont porté cette résolution bipartisane ainsi que le Sénat du Colorado qui l’a approuvée à l’unanimité » a affirmé Guy Teissier, le Président du Cercle d’Amitié France-Artsakh qui a exprimé son « souhait que la France prenne exemple sur les Etats américains pionniers en la matière ».
Dans un article publié hier par L’incorrect, Guy Teissier, Député des Bouches-du-Rhône et Président du Groupe d’Amitié France-Artsakh revient sur les évolutions positives impulsées par le nouveau Premier ministre arménien à propos de l’Artsakh. Guy Teissier encourage la diplomatie française à ne pas se laisser marginalisée.