En Artsakh, l’Azerbaïdjan défie la Communauté internationale

François Pupponi, Président du Cercle d’Amitié France-Artsakh

En procédant à de nouveaux empiétements territoriaux en Artsakh, le régime de Bakou signifie son mépris de ses propres engagements internationaux comme des forces russes de maintien de la paix

Le 25 mars, les troupes azerbaïdjanaises ont avancé leurs positions dans le district d’Askeran, en République d’Artsakh, en envahissant le village de Parukh et la colline de Karaklough. L’attaque, mobilisant à nouveau des drones Bayraktar a conduit à trois morts et quatorze blessés au sein des forces de défense artsakhiotes. Elle a provoqué une réaction unanime des trois co-présidents du groupe de Minsk de l’OSCE. En particulier, la Russie et les États-Unis ont dénoncé l’agression azerbaïdjanaise, provoquant la fureur du régime de Bakou.

« Nommer la réalité des faits, dénoncer l’agression, c’est déjà faire reculer l’agresseur » s’est félicité François Pupponi, le Président du Cercle d’Amitié France-Artsakh qui a regretté la position en retrait de la diplomatie française : « Nous ne pouvons pas nous prévaloir de valeurs humanistes et de principes humanitaires en Ukraine et se réfugier derrière une fausse impartialité là où un vrai nettoyage ethnique menace » s’est indigné François Pupponi.

Cette nouvelle provocation de l’Azerbaïdjan est survenue alors que perdurent les menaces sur le village de Khramort, et que l’approvisionnement en gaz de l’Artsakh – interrompu par une opération de sabotage conduite par le régime de Bakou – n’était toujours pas rétabli. Si l’approvisionnement a été rétabli ce 29 mars, les cent vingt mille habitants arméniens de l’Artsakh, privés pendant près d’un mois de toute source d’approvisionnement alors que les températures étaient négatives, restent otage du chantage énergétique de l’Azerbaïdjan qui peut reprendre à tout moment.

Le contingent russe de maintien de la paix a convaincu les troupes azerbaïdjanaises de se retirer de Parukh (photo) mais pas de Karaklough


 Le Cercle d’Amitié indique que la situation reste également incertaine dans le district d’Askeran. Les soldats russes de maintien de la paix se seraient déployés sur les hauteurs de Parukh mais les forces azerbaïdjanaises occuperaient toujours Karaklough.

« En refusant de se retirer des territoires nouvellement occupés, le régime d’Ilham Aliev indique qu’il se moque de la communauté internationale et qu’il veut également humilier les forces de maintien de la paix » a expliqué François Pupponi. « Si nous voulons retrouver un rôle régional et une crédibilité comme co-président du Groupe de Minsk, nous devons parler le seul langage que comprennent les autocrates en engageant des sanctions politiques et financières contre l’Azerbaïdjan et en apportant un soutien logistique opérationnel aux forces de maintien de la paix » a conclu Le président du Cercle d’Amitié France-Artsakh.

Le Cercle d’Amitié rappelle que l’Azerbaïdjan a été condamné par la Cour Internationale de Justice pour sa politique d’Etat promouvant le racisme arménophobe et par le Parlement européen pour sa politique de destruction du patrimoine culturel arménien d’Artsakh.